Foot e Breizh est l’éditeur de Cheveux au vent.

C’est une association qui a pour objet la promotion du football breton par la rédaction et l’édition d’ouvrages papier ou numérique.
Le paradoxe breton

Rennes – Guingamp, finale 100% bretonne en 2014… Sur les 36 joueurs inscrits sur la feuille de match, on trouve deux bretons d’origine : Kerbrat pour Guingamp, Danzé pour Rennes. Match nul, c’est le cas de le dire. Et pourtant,

  • la Bretagne est la région qui compte la moyenne la plus élevée de footballeurs pratiquants de France.

  • La Bretagne a l’un des plus grands maillages d’équipes professionnelles.

  • Cinq centres de formation … Académies pour certains… Sans compter les très nombreuses écoles de football…

  • Le pôle espoir de Ploufragan.

  • Des formateurs agréés en pagaille, des entraîneurs « certifiés » dont la mission est de développer le potentiel des joueurs et de les emmener vers l’élite…

Malgré tout cela avec 30 pros sur les 1 000 nés en France,  nos footballeurs bretons restent des footballeurs du dimanche après-midi.  Les professionnels français proviennent majoritairement des grandes métropoles.  La seule région parisienne compte dix fois plus de joueurs professionnels que la Bretagne pour seulement deux fois plus de pratiquants !

 
Quelques pistes pour comprendre ce paradoxe

Dans l’hexagone, les jeunes sont détectés et formés selon une méthode dont l’efficacité est reconnue dans le monde : le recrutement et la formation de très jeunes joueurs mais afin de multiplier les chances de voir éclore un talent ou de ne pas passer à coté d’un autre, on recrute en nombre… dont nos meilleurs espoirs bretons…

Mais un seul  jeune sur 10, rentrant dans un pôle espoir, se verra proposer un contrat pro. La concurrence est donc féroce car deux types de « concurrents » se présentent désormais face à nos jeunes footballeurs  bretons :

  • les fils des migrants d’Afrique sub-saharienne qui sont devenus la cible prisée des centres de formation et que l’on recrute principalement dans les cités de la région parisienne (ce fut le cas des Polonais dans les années 50, les Italiens, Maghrébins et Espagnols des années 60 à 80).

  • Les jeunes joueurs, principalement africains, attirés par ce nouvel  eldorado et que la mondialisation permet.

De plus, la sélection s’opère sur des critères de performances physiques et techniques qui ne semblent pas avantager nos jeunes bretons…

Cette stratégie du volume : « on prend on jette ! » a un coût économique et humain compte tenu de la rareté des débouchés qu’elle offre…

 

L’exemple de l’Ajax d’Amsterdam

Est-ce une fatalité de voir progressivement disparaître le footballeur breton de l’élite ? C’est une nouvelle fois Johan Cruyff qui démontre que d’autres possibilités existent…   En 2010, Cruyff  a fédéré  les anciens joueurs de l’Ajax autour d’une stratégie qui se résume dans cette phrase :

« On  se concentrera sur l’individu, car c’est en formant des individus d’exception que l’on bâtira une grande équipe, et ces talents on les trouvera essentiellement  proches de chez nous ». Johan Cruyff.

Les résultats se sont fait attendre, mais avec force et ténacité,  le club tire désormais le meilleur parti de tous ces jeunes talents:

-      86% des joueurs formés au club deviennent des professionnels et l’Ajax est redevenu le Grand Ajax.

-      Chez nous c’est moins de  20 % dans nos clubs professionnels ! 

 

Nos clubs bretons doivent prendre conscience que d’autres pistes existent. Notre association œuvrera en ce sens.

 

Serge Masson – Louis Bocquenet

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